Venez dîner, repartez avec le buffet

Un restaurant éphémère et durable, c’est possible

La déco du Grand RECHO, c’est Emilie, et c’est joli. Architecte d’intérieur, elle a décidé de faire don de son talent pour aménager les lieux. Et même si la déco est éphémère, l’idée c’est de faire durable et économique. Alors tous les meubles du Grand RECHO viennent de la Ressourcerie Air d’Ervilliers et de la SMAV d’Arras. Cerise sur la commode, vous pourrez repartir avec, à la fin de l’événement !   

Emilie a répondu  présente pour donner une âme à la salle des Tisserands, qui va accueillir le Grand RECHO. On en a profité pour lui poser quelques questions, histoire que vous fassiez connaissance !

Le RECHO : Quel est ton rapport à l’espace « cuisine » ?
Emilie Bigorne : « En tant que maman, il est un peu « sportif » ! Difficile de prendre le temps pour vraiment cuisiner et les cordonniers étant les plus mal chaussés, c’est la seule pièce de la maison que nous n’avons pas encore rénovée !

Le RECHO : Quand tu aménages une cuisine, qu’est ce qui est le plus important pour toi ?
E.B. : Ce qui est le plus important c’est ce qui est important pour mes clients ! La cuisine fait partie en règle générale des pièces à vivre. Certains aiment cuisiner et recevoir dans cette pièce, d’autres ne veulent pas être enfermés dans leur cuisine tout en la gardant fermée pour les odeurs notamment (d’où l’engouement pour les verrières). Pour moi, la cuisine doit être dans l’esprit du reste de la maison. Parfois elle est à l’origine du projet de réaménagement, parfois le prolongement des pièces de vie. Je n’ai pas toujours la chance de dessiner des cuisines sur-mesure, et c’est à chaque fois un challenge qui en dit beaucoup sur les personnes qui vont l’utiliser.

Le RECHO : Qu’est ce qui t’a motivé pour donner de ton temps et de ton talent au projet du (Grand) RECHO ?
E.B. : Habiter dans le Pas-de-Calais fait que je ne peux pas fermer les yeux sur ce qui s’y passe. Et je me sens souvent très impuissante devant les problématiques que cette nouvelle vague migratoire soulève. M’investir, oui mais comment ? Et avec qui ? Je trouve que Le RECHO est une belle manière d’aller au-delà de nos peurs, nos a priori. Cuisiner avec les migrants, c’est cuisiner surtout avec des personnes, des visages sur lesquels je vais pouvoir mettre des prénoms, partager un moment avec ce langage universel qu’est la cuisine. Alors ils ne seront plus des étrangers pour moi, ils auront fait partie de ma vie, peut-être juste pour quelques heures et peut-être pour plus. Mon grand-père était un immigré. Il n’a pas été enterré comme l’immigré du village mais comme son doyen. Le partage, l’échange, donner un peu de soi pour les autres, c’est ça l’intégration ; et le RECHO fait ça très bien, au-delà de tout clivage politique.

Le RECHO : Le restaurant du Grand RECHO doit favoriser la rencontre, comment peut on contribuer à la réussite de ce défi lorsqu’on est architecte d’intérieur ? Y a t’il une manière de penser l’espace ?
E.B. : Penser l’espace c’est mon métier. J’ai appris à le faire, à me mettre à la place des clients ou des usagers. Et en effet, chaque projet est un nouveau défi et de nouvelles et souvent belles rencontres. L’aménagement de la salle des Tisserands est un vrai challenge, et la diversité des espaces à créer et leurs interactions avec les futurs usagers donnent déjà une trame au projet. Après, il faut trouver “l’habillage” qui va être en adéquation avec la philosophie du projet, qui fera sens et qui saura répondre aux contraintes techniques ! La salle est grande est loin d’être chaleureuse. L’aménagement doit à la fois surprendre et paraître naturel.  

Le RECHO : Qu’est ce qui t’a donné l’idée d’aller voir les ressourceries et SMAV pour leur proposer de participer à l’aménagement du lieu ?
E.B. : La cuisine du Grand RECHO, pour moi, c’est « rien ne se perd, tout se transforme ». Alors je souhaitais également travailler sur ce concept dans l’aménagement du lieu. Quelque part, c’est travailler l’économie circulaire à l’échelle du territoire. Je souhaitais donner un peu d’âme au lieu, être dans un esprit « estaminet », si cher à notre belle région. Sauf qu’ici, tous les meubles seront à vendre ! Si la chaise sur laquelle vous êtes assis vous plaît, repartez avec !

Le RECHO : Qu’aimerais-tu que les gens ressentent/disent en premier lieu en rentrant dans la salle des Tisserands pendant le Grand RECHO ?
E.B. : J’aimerais surtout qu’ils redécouvrent cet espace et se disent « on peut faire ça ici ? ». Changer l’angle de vue et changer la perception du site. Mais l’objectif n’est pas qu’il se souviennent du lieu, c’est qu’ils partagent un bon moment et en sortent différents, et heureux. Je ne suis pas fan de l’effet « waouh », je ne cherche pas à en mettre plein la vue. Je cherche juste à ce que les gens se sentent bien ensemble. »

Propos recueillis par Valérie Gentil

  • www.archidinterieur.com

La ressourcerie et le Smav, créateurs de valeur “rajoutée”

La solidarité, c‘est une notion plutôt familière pour la Ressourcerie AIR d’Ervilliers. C’est pourquoi, lorsque Le Grand RECHO a sollicité Vincent Baralle, son directeur, ce dernier n’a pas hésité une demi-seconde. « A la ressourcerie, nous proposons régulièrement des contrats de travail à des personnes réfugiées. Et faire découvrir la solidarité entre les acteurs associatifs arrageois, c’est en phase avec ce que nous faisons ».

Même combat pour le SMAV, le Syndicat Mixte Artois Valorisation, qui gère notamment un réseau de 13 déchèteries, duquel découle son activité recyclerie, avec deux magasins d’objets de seconde main à Arras. Des lieux de sociabilité permettant aux habitants de s’équiper à moindre frais. Les élus du SMAV, attentifs aux démarches de solidarité, ont tout de suite adhéré au projet, mettant gracieusement à disposition du mobilier pour équiper l’espace du Grand RECHO. Vintage ou neufs, faits de toutes origines, de tous les styles, ces meubles ne feraient-ils pas écho à la vocation même du Grand RECHO ? Nous montrer à quel point la diversité est riche et génératrice d’harmonie ?

C’est donc là que Emilie Bigorne a pioché son inspiration pour imaginer le lieu.

 

Venez manger, repartez avec le buffet

>> Vous êtes fan de la chaise sur laquelle vous vous êtes assis au Grand RECHO ? Vous avez repéré le buffet idéal pour votre salle à manger ?

Bonne nouvelle : au Grand RECHO, tous les meubles sont à vendre ! Le partenariat avec la ressourcerie et le Smav nous permet de faire du restaurant un showroom en action pour tous les meubles qui nous sont prêtés. Les tester, c’est les adopter !

Comment faire ?
Il vous suffit de solliciter notre équipe d’accueil pour lui indiquer le meuble qui vous a séduit. Nous le mettrons de côté pour vous lors du démontage du restaurant et vous pourrez venir le récupérer.

Si ce n’est pas de l’économie circulaire ça !

Artois insertion ressourcerie
21 route nationale, à Ervillers
Ouvert du lundi au samedi, de 9h30 à 12h et de 13h à 17h30.

Retrouvez d’autres magasins solidaire à :

  • Bapaume, 3 rue des frères Coint. Ouvert du lundi au samedi de 9h à 12h30 et de 14h à 18h30
  • Péronne, 41 faubourg de Paris, quai de la digue. Ouvert du lundi au samedi, de 9h30 à 12h et de 13h à 17h30.

Collecte des encombrants sur inscription au 09.72.25.71.64.

Les recycleries à Arras

  • 21 avenue Lobbedez. Ouvert mardi et vendredi de 14h à 18h,
    mercredi et samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h.
  • rue Alfred de Musset. Ouvert mardi et vendredi de 14h à 18h,
    mercredi et samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Pour faire un don d’objets, il suffit de les déposer auprès d’un des magasins ou dans l’une des déchèteries du Smav. Pour un enlèvement à domicile, contacter le 09.64.10.84.04.