Les chefs engagés #5 : Virginie Dufour

Virginie Dufour, l’électron libre

Le parcours de cette (presque) autodidacte arrageoise est au moins aussi anti-académique que sa cuisine. Virginie Dufour a acquis son savoir-faire au forceps, dans une aventure passionnée peuplée de rencontres inspirantes.

Le RECHO : Votre parcours est assez atypique. Comment êtes-vous venue à la cuisine ?
Virginie Dufour : Il y a 6 ans, je n’étais pas cuisinière. Je gérais mon premier restaurant mais sans être derrière les fourneaux. Je travaillais avec un chef. Après l’avoir vendu et quelques autres expériences, j’ai voulu ouvrir un nouveau restaurant, et cette fois apprendre à maîtriser la cuisine. J’ai démarré par un stage chez un ami et je me suis lancée. Je proposais des choses très simples à mes clients et ça marchait. Et un jour, en formation, j’ai eu la chance de tomber sur le chef Meilleur ouvrier de France Didier Anies. Je lui ai demandé de m’apprendre à mieux cuisiner, mais pas de façon académique, à mieux cuisiner “ma cuisine”.

Le RECHO : Comment qualifieriez-vous votre cuisine ?
V.D. : Décomplexée et anti-conformiste. Une cuisine de bienfaiteur et généreuse. Je fais parce que j’aime. Je veux proposer une cuisine qu’on ne fait pas chez soi. J’aime les mariages, j’aime la mixité. Parfois, je commande des épices que je ne connais pas pour découvrir de nouveaux mariages. La cuisine, c’est un partage, de la complicité, de l’amour. C’est pour ça que je le fais. Quand on aime, on fait les choses bien. Lorsque je travaillais seule dans ma cuisine la première année, c’était difficile de ne pas pouvoir échanger avec quelqu’un sur ce que je réalisais.

Le RECHO : Aujourd’hui, être une femme en cuisine, c’est… ?
V.D. : … aussi complexe qu’aller faire un prêt à la banque. Il faut s’accrocher ! Mais les femmes ont leur place en cuisine. Je pense que quand on s’impose, ce n’est pas plus difficile d’être une femme. C’est peut-être plutôt pour certains hommes que c’est difficile d’accepter une femme en cuisine.

Le RECHO : Qu’est-ce qui vous a séduite dans l’idée du Grand RECHO ?
V.D. : C’est une super idée, en fait, je vous attendais ! Depuis 3 ans, j’organise une ou deux fois par an des repas à l’attention des publics défavorisés et des personnes âgées avec l’association “Arras à table’, que j’ai créée. Le Grand RECHO, je suis fière de le faire et de me lever pour faire autre chose, quelque chose qui compte. Avoir un peu d’humanité et donner du temps, c’est bien. J’ai hâte d’apprendre de toutes les cuisines différentes qui seront représentées. »

Propos recueillis par Laura Duret

Retrouvez Virginie Dufour au Grand RECHO dimanche 7 et mercredi 10 octobre.

  • Restaurant Le RDV
    39 boulevard Carnot, à Arras
    www.lerdvarras.com