Les chefs engagés #3 : Michel Troisgros

Michel Troigros, le partage comme mémoire

Avec Michel Troisgros et ses fils César et Léo, voici une maison qui a vu quatre générations de talentueux cuisiniers se succéder sans jamais démériter. Triplement étoilé depuis 1968, le restaurant incarne l’un des fleurons du patrimoine gastronomique français. “Maison mère d’arrière grand-père en petit-fils”, pourrait-on dire, la Maison Troisgros est une histoire de famille, de transmission, de travail, de passion et de générosité. Depuis 2017, Michel et sa femme Marie-Pierre, César et Léo leurs fils ont déménagé pour installer le restaurant Le Bois sans feuilles à Ouches, dans la campagne roannaise.

Le RECHO : Michel Troisgros, quel autre mot associez-vous spontanément au mot cuisine ?
Michel Troigros : « Je dirais le partage. Parce que derrière le partage, il y a mille notions : partager la nourriture, l’intention, mais aussi partager le geste, la tradition, la mémoire, le plaisir…

Le RECHO : Etre chef aujourd’hui, en pleine crise de l’accueil, c’est une responsabilité plus large ?
M.T. : Dans la mesure où le mot partage est au cœur de notre profession, les chefs ne peuvent pas être insensibles à l’accueil de l’autre. Le chef d’aujourd’hui doit être ouvert d’esprit. A toutes les époques il y a eu des mouvements migratoires. Ma maman italienne a vécu l’exode avec mes grands-parents. L’exode, c’est une souffrance, une détresse terrible. On ne peut pas avoir la mémoire si courte. Même si les images aujourd’hui sont là pour nous montrer, nous alerter, il faut se montrer généreux et tenter d’aider.

Le RECHO : Comment avez-vous connu l’association Le RECHO ?
M.T. : Lors d’un parrainage au Festival “Ensemble”, à la Cité de la mode et du design à Paris. Les dons issus de la vente de bocaux étaient reversés à l’association. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Vanessa Krycève, la fondatrice. Elle est venue à Ouches pour exposer le projet à toute l’équipe. C’est une boxeuse.

Le RECHO : Cette idée du Grand RECHO de mettre tout le monde en cuisine, migrants, Arrageois, chefs, comment l’envisagez-vous ?
M.T. : L’idée est formidable. Faire la cuisine ensemble, c’est la meilleure occasion pour se connaître. La cuisine rapproche les personnes. L’effort qu’on produit se transforme ensuite en une joie de s’être rencontrés. Et puis on va dresser une table dans la cuisine, on va tremper les doigts dans la sauce et on va se régaler, parce que c’est comme ça qu’il faut que ça soit, du partage et de la gaité !

Propos recueillis par Valérie Gentil

Retrouvez Michel Troisgros au Grand RECHO le jeudi 11 octobre.

  • Maison Troigros
    Restaurant Le Bois sans feuilles ***, Ouches
    Le Central, café, restaurant épicerie, Roanne
    La Colline du colombier, Iguerande
    https://troisgros.fr